LANGUE, CULTURE ET TRADITION ORALE DU BÉARN

Cultures et arts populaires

L’intérêt pour les cultures et arts populaires est relativement récent : il est lié à la découverte des peuples « exotiques » (colonialisme), objets recueillis dans les « cabinets de curiosités », aux 17ème et 18ème siècles.

En France, la première enquête (Académie celtique) qui ne date que de 1805 et concerne croyances et coutumes de la population rurale, fut établie à partir des préfectures et des « savants » dans les départements. Cette démarche, engagée ensuite dans la France entière, semble correspondre à un mouvement de curiosité né du Romantisme, pour un monde populaire conservant encore des traces d’un passé culturel différent de celui des élites urbaines.

La définition la plus complète des cultures populaires a été formulée au 20ème siècle, avec le développement de l’ethnologie, sœur de la sociologie.

Science humaine nouvelle, elle replace l’homme de la société « traditionnelle » dans sa culture et son milieu, sa vie quotidienne, ses cérémonies et sa vie festive.

Des approches complémentaires d’ethnologues et d’historiens du 20ème siècle (Arnold Van Gennep, Robert Muchembled, etc.) proposent une « lecture » diachronique de ces cultures populaires (essentiellement rurales) en France :

- elles constituent une « création médiévale fondamentalement autonome, un système d’explication du monde basé sur des rites de passage et sur une mentalité collective faisant une grande place à la magie, avant que ne la brise et ne la déprécie, à partir du 16ème siècle, une mutation de grande ampleur. Vue sous cet angle, la culture des masses populaires se distingue nettement du christianisme des élites et de la pensée savante. Néanmoins, elle est marquée et imprégnées par la doctrine chrétienne - à moins que ce ne soit le contraire »…