Galet gravé de la grotte d'Espalungue à Arudy (Texte de Geneviève MARSAN)

C’est sur un grand éclat de galet de grès-quartzite (L = 9,9 cm. ; l= 8 cm. ; e = 2,6 cm.), faisant partie des sédiments et des roches amenés et abandonnés par le grand glacier d’Ossau dans le bassin d’Arudy, qu’a été gravé, sur sa face externe, lisse et courbe, une silhouette de cheval.

Sa lecture est rendue difficile par la finesse des traits et la légère patine naturelle qui est celle d’un galet ayant séjournée dans un sédiment fait d’argile, de graviers, d’éléments de calcaire, de fragments d’os et de restes de foyers, sédiment qui est celui renfermant les vestiges de campements saisonniers des Préhistoriques ayant séjourné dans la grande caverne du massif calcaire de Larroun, il y a près de 12.000 ans avant J.C.

Son « déchiffrage », fait en lumière rasante, nécessite un examen à la loupe et celui d’un agrandissement photographique, afin de bien distinguer les traits appartenant à l’équidé des traits parasites qui l’entourent.

La figure représente l’animal debout, au repos, en profil dextre. La tête est petite et trapue, à la crinière abondante, ébouriffée vers l’avant, du garrot à la nuque, et se termine par un toupet, également dressé.

Le profil de la tête, où l’oreille, l’œil, le naseau arrondi, le menton, la barbe sont dessinés par des traits nets, est complété par une série de hachures de compréhension difficile : ils viennent s’inscrire sous une ligne séparant le museau du reste de la tête (que l’on retrouve sur les têtes de chevaux gravés sur os du Mas d’Azil en Ariège et de St-Michel-d’Arudy) ; on remarque aussi un double trait qui part de la ganache et va se prolonger sous la barbe (certains pourront y voir l’ébauche d’un licol, signe d’une domestication de l’espèce ; mais nous ne nous voulons pas nous aventurer sur ce terrain-là).

Enfin, une série de traits plus espacés, parallèles, partant du chanfrein, semblent étrangers à la figuration.

page suivante...