La ligne du dos, plus profonde, délimitée par un trait continu (par endroit repris deux ou trois fois, comme au garrot), est peu creusée et se termine par une croupe arrondie et une queue courte et peu fournie, bien détachée de la ligne de cuisse.
La ligne de ventre, assez basse et incurvée, vient couper celles des pattes dont le départ est seul ébauché. La cuisse, le ventre et le poitrail portent de petites hachures qui peuvent être interprétées comme une figuration rapide du pelage du cheval, plus abondant à ces endroits.
Indépendamment de la gravure centrale, existe encore un petit ensemble de traits entrecroisés sur le méplat du galet.
Gravure faite sur un galet cassé ou cassure postérieure du galet après gravure, dans un geste de condamnation et d’abandon ?

Certains éléments nous fait préférer la première hypothèse : en effet, le cheval est bien centré dans la partie intacte du galet. De plus, quelques traits de la crinière débordent sur la face supérieure éclatée, témoin que la gravure a été effectuée sur un galet déjà fragmenté. Enfin, il arrive, dans l’art magdalénien, que l’artisan choisisse de ne représenter les membres d’un animal dans leur totalité, comme on peut le découvrir dans le cheval, gravé sur un galet entier, dans la couche E de la grotte d’Isturitz (Pays Basque) fouillée par E. Passemard : ses jambes y sont à peine ébauchées.

Cette représentation d’équidé sauvage sur roche dure est l’une des plus « figuratives » que nous connaissons dans l’art magdalénien régional.
Elle apporte un témoignage original sur la richesse de la production artistique des Magdaléniens, petits groupes de chasseurs-cueilleurs de la fin de l’époque glaciaire, qui venaient, en été, dans la basse vallée d’Ossau (mais aussi de beaucoup de vallées comparables des Pyrénées), traquer chevaux, isards, bouquetins, bisons et rennes en transhumance estivale dans la basse montagne, avant de repartir passer la saison froide dans les plaines et plateaux du piémont, vers les abris naturels du sud de la Chalosse (falaise des 0 Pastou à Sordes) et du Pays basque (grottes d’Arancou ou d’ Isturitz).

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