ARENAYGUES D’OSSAU : VESTIGES GÉOLOGIQUES EXCEPTIONNELS

     

 

Elles appartiennent à l’unité de dépôts de grés et de quartzite du Dévonien, formation de l’étage Frasnien de la zone primaire axiale, connue jusque dans les Hautes-Pyrénées (sous le nom de « Série de Sia »).

Age : 370 à 375 millions d’années

Le bloc présenté ici, détaché naturellement de la paroi, a été trouvé au milieu d’un vaste chaos morainique, situé sur le versant nord ouest du Pic Houratatère.

Le village de Gère-Bélesten, propriétaire des lieux, a accepté le dépôt de ce vestige original au Musée d’Arudy, dans une des salles de Géologie ossaloise.

D’un poids avoisinant les 200 kg, mais situé très loin d’un bon sentier, cet échantillon a dû être transporté par hélicoptère : l’opération a été conduite par le Parc national des Pyrénées, le 25 août 2011.

 


Jean-Pierre DUGÈNE, à qui nous devons cette découverte, et Dominique ROSSIER, chargé de son étude, ont donné à cette forme particulière ancrée dans le Dévonien le nom d’ARENAYGUE D’OSSAU (du latin arena, sable et du béarnais aygue, eau).

Leur formation : Une énigme pas tout à fait dissipée

Les curieuses structures circulaires qui ornent le bloc exposé, sont connues des géologues depuis le XIXe siècle. Certaines présentent une disposition rayonnante, rappelant la forme d’une roue de charrette, mais toutes partagent une même caractéristique remarquable :

Une trace circulaire à la surface, de petit diamètre, au centre de la structure, soit en forme de bouton, soit au contraire en forme de cupule en creux.

Ces structures ont été observées sur plusieurs continents, en Australie, au Canada, en Irlande … bien souvent sur des affleurements très anciens, de l’ère primaire. Elles sont désignées par le terme de « volcans de sable ».

On sait maintenant qu’il ne s’agit pas de fossiles biologiques, mais de structures sédimentaires inorganiques « fossilisées », d’origine détritique. Elles pourraient avoir été créées par un phénomène semblable à celui qui forme les « volcans de sable » observables de nos jours lors de tremblements de terre importants.

De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’un phénomène plutôt rare, qui se produit dans des régions côtières, sur des plages ou des bancs de sable gorgés d’eau. L’énergie apportée par le séisme « liquéfie » une couche de sable en profondeur, et celle-ci est mobilisée par l’énergie sismique. Le mélange d’eau et de sable ainsi mis en surpression, se fraye un chemin jusqu’à la surface et jaillit à travers une cheminée comme un petit geyser, créant un cône de dimensions décimétriques à métriques.
Or les coupes pratiquées sur plusieurs structures prélevées en Ossau, toutes présentant la particularité de la petite trace centrale circulaire, font apparaître la cheminée centrale, avec parfois des détails saisissants montrant l’expulsion turbulente du fluide…

Pour en savoir plus : Revue Pyrénées/Bulletin pyrénéen, juillet 2010, n° 243.

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